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Couverture du livre Nous n'étions que des Pantins sans filtre d'Oren Dipple

Nous n'étions que des Pantins sans filtre
Tome I

recueil poétique
 

Une cinquantaine de poèmes et textes poétiques

215 pages
21 juin 2024
Disponible en version brochée et numérique

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L’histoire

La quête de liberté d'un pantin de bois, vagabond du Far West, racontée dans un recueil poétique. Se libérant des marionnettistes aux mille visages, entre insouciance, amour, solitude et attachement, ses vers célèbrent la lutte pour briser les fils et atteindre une liberté sans entrave.

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De Marionnette à Homme Libre

Ce livre est né d’une envie de concrétiser un profond désir trop longtemps refoulé. La vie s’impose et le temps file inexorablement, si bien qu’il arrive un moment où les rêves perdent couleurs, s’embrument comme au matin quand le réveil nous arrache à nos songes. La routine, le quotidien, le travail, les factures, les obligations, les interdictions, les responsabilités… Toutes ces choses qui nous trimballent de l’aube au crépuscule, jour après jour. Accepter son sort et se résigner à exécuter les mêmes gestes pour gagner à peine de quoi s’payer le droit de regarder ses mômes bouffer une glace, devant un coucher de soleil…

Comment rendre un enfant heureux quand il est difficile de l’être soi-même.

S’il faut se rendre au charbon, qu’il en soit ainsi, mais avant de signer le contrat de « pion » remplaçable, il devenait presque vital pour moi d’essayer d’être ce que le jeune « moi » voulait devenir. Tenter, afin de n’avoir aucun regret.

Ce besoin de liberté est le fil rouge de ce recueil poétique. Un pantin, enchaîné aux doigts d’un manipulateur, qui décide de couper ses fils pour parcourir les vastes plaines de l’Ouest.

L’envie de Vivre, tout simplement…

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« Entre deux rives »

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J 'avance à l'aveugle

sur des chemins de poussière.

Le soleil, au zénith,

s'est pris d'envie de cramer mon errance.

Les vautours et autres charognards

m'observent et espèrent

que l'astre de feu attendrira ma chair

à leur convenance ;

point trop grillée s'il leur plaît,

saignante, de préférence.

 

Des gouttelettes de sueur s’échappent

de sous mon vieux Stetson

et s'en viennent ruisseler sur mon visage,

brûlant mes prunelles, avant de disparaître

dans la pilosité anarchique

qui foisonne autour de mes lèvres

craquelées par la sécheresse du ciel.

Point de nuage gorgé d'eau

pour étancher mon fiel.

 

Au son des éperons de mes santiags surannées

qui, au contact du sol,

rythment mon avance

avec autant de précision

qu’un métronome déréglé,

j’arpente la plaine

en quête de réminiscences.

Poing fermé sur la crosse

de mon Smith & Wesson : ‘’ Providence ‘’

 

Le canyon est désert,

il n’est pas âme qui vive,

si ce n’est quelques rampants au mortel baiser

sifflotant la rengaine de l’autre rive,

celle que je m’efforce à tout prix d’éviter.

Point d’envie de m’y rendre

avant d’y être obligé.

 

Je trace ma route parmi les vivants,

si tant est qu’il en reste,

essayant de paraître tout aussi vigoureux

que mes contemporains,

ceux-là même qui n’ont dans le cœur

que des parfums de l’Ouest

et de l’or en pépite

au creux de leurs mains.

Poings dans la gueule de quiconque

lorgnerait sur leurs biens.

 

Et tandis que mes pas titubants

soulèvent la terre,

réveillant par moments

un spectre qui dort

au-dessous de l’épaisse couche de calcaire,

la mort et la vie me toisent ensemble,

pariant sur mon sort ;

point pour la rive où s’échouera mon corps.

 

J’erre entre les deux,

entre vivre et mourir.

Le palpitant frappant ma poitrine

sans trop savoir pourquoi.

À quoi bon s’accrocher

pour quelques souvenirs

embrumés par le temps

qui m’éloigne de toi.

Point d’avenir pour celui qui ne se souvient pas.

​

J’avance à l’aveugle au gré de l’incertain

Ne sachant où tu es,

quelle alternative ?

Qui, du ciel ou de la terre, est devenu ton écrin ?

Je l’ignore,

c’est pourquoi,

lentement je dérive,

Entre deux rives…    

​

Point.

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