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Couverture du livre Nous n'avions que la vie devant nous  d'Oren Dipple

Nous n'avions que la vie devant nous
recueil poétique
 

87 poésies et textes poétiques
259 pages
21 juin 2024
Disponible en version brochée, reliée et numérique

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L’histoire

Ce recueil poétique murmure comme un vieil ami, tissant des souvenirs d'enfance, d'amour, de peurs et de rêves. Oren conte une quête de liberté à travers des fragments de vie, des émotions dénudées, avec une sincérité poignante.

Une invitation poétique à explorer l'intime et l'universel.

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De la Liberté à la Plume

Après avoir écrit le premier tome des Pantins, je me suis demandé si j’allais poursuivre le voyage dans l’imaginaire ou garder les pieds sur terre, le temps d’un livre, et me concentrer sur le réel. En général je le fuis, je l’évite. Le réel c’est gris, ce n’est ni noir ni blanc, c’est ce qui est, ce que l’on voit. À quoi bon raconter ce qu’il suffit de regarder… Et puis j’ai repensé au pantin, à cette quête de liberté, ce besoin de couper ces fils qui le tiennent et l’entravent. Quels étaient les miens ?

Quel marionnettiste de l’ombre se jouait de moi !

Les réponses furent nombreuses : la vie, la famille, les amis, les amours… tout ce qui me définit, mes choix, mes colères, mes joies, mes déceptions, mes passions…

Je veux être écrivain, poète, auteur… Je veux être lu et que mes mots résonnent dans le cœur des lectrices et lecteurs. Mais comment être soi lorsqu’on ne s’aime pas. Comment avancer avec un bagage bien trop lourd, une valise remplie d’amertume, d’angoisses, de peurs, de doutes…

Aucun ballon attaché à des sacs de sable ne s’envole. Il faut délester.

Je suis donc revenu là où tout a commencé ; la naissance. Je me suis posé la question « Pourquoi vient-on au monde, quel but, quel intérêt ? » J’ai fouillé mes souvenirs, les albums photos, les vidéos sur VHS, et j’en ai extrait des morceaux de vie. Ceux qui sont à l’origine de ce que je suis, qui me racontent et j’ai décidé de vous les conter.

Si vous lisez ce recueil, vous comprendrez qui je suis, pourquoi j’écris, pourquoi le gris m’intéresse moins que le blanc de la neige et le noir de la nuit.

Est-ce que je me sens plus léger à présent ? Pas vraiment… Mais peut-être qu’un jour, quand mes livres seront lus et mon travail reconnu, que mes mots atteindront le cœur de nombre de lectrices et lecteurs, je pourrai me regarder dans le miroir et dire au gamin qui tente de survivre comme il peut dans mon corps vieillissant :

« Eh bien tu vois, on y est arrivé ! Voilà pourquoi tu es né ! »

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« Au bord du ciel »

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J’aimerais m’envoler…

 

« Impossible » disent les grands.

 

Les adultes ont tendance à brider les enfants.

Les grandes personnes pensent tout connaître, mais ils ne savent que déchirer les rêves.

J’aimerais m’envoler,

et qu’importe ce qu’ils soufflent,

je profiterai du vent

pour m’échapper du gouffre

au fond duquel les grands toisent le ciel

en battant de l’aile.

 

« J’aimerais m’envoler ! » que je leur dis…

 

Et alors ils rient.

Ils rient de mes bêtises, comme ils disent,

et se marrent de l’espoir.

Et moi je pleure un sourire pour faire bien,

un sourire de gamin, qui étouffe son chagrin.

 

« Va donc jouer au ballon

avec d’autres garçons !

Les ballons s’envolent

 dans les cours d’écoles…»

 

Les ballons ne sont que de l’air en prison

dans lequel on frappe

pour je ne sais quelle raison…

Je me moque des ballons, des garçons,

des railleries…

Moi je veux m’envoler loin d’ici, c’est ainsi.

Alors dans le square, à deux pas de la maison,

je retrouve la grinçante balançoire.

Je m’assieds, puis recule,

je me lance et bascule,

me casse la gueule sous le tilleul,

la vie encore, la vie toujours…

Mais pas le temps de me cacher d’elle,

le vent m’attend.

Je bats des ailes et à nouveau je monte à bord,

au bord du ciel.

Je m’assieds, puis recule,

je me lance, et balance

en avant,

en arrière,

en avant,

en arrière,

plus haut,

plus haut,

en avant,

en arrière,

encore,

encore plus haut…

Le cœur ouvert et les yeux clos.

Je vais m’envoler…

Mais pris de vertige, je renonce

et m’inflige la caresse des ronces…

 

« Je voulais m’envoler…

 

— Et regarde où cela t’a mené,

cesse un peu de rêver,

ça risque de piquer… »

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