top of page
Couverture du livre Nuit de débauche au royaume des artistes torturés partie 1 d'Oren Dipple

Nuit de débauche au royaume de artistes torturés - partie 1

Page blanche, moquette rouge et idées noires
roman
 

133 pages
21 juin 2024
Premier volet d’un roman en quatre parties
Disponible en version brochée et numérique

​

Acheter le livre sur Amazon

L’histoire

Lucas se rêve écrivain. Mais Lucas n’écrit rien. Son inspiration est entravée par un esprit trop encombré. Son amour se fane alors que celle qu’il considère comme son âme sœur s’éloigne de lui.

Un soir de décembre, guidé par la solitude, Lucas décide de suivre son désir de reconnaissance, d’être vu, son besoin d’exister pour quelqu’un. Il part donc à la recherche d’un shoot de confiance, un réhausseur d’ego, afin de retrouver un équilibre propice à la création.

Cependant, tout ne se passera pas comme prévu.

Nos rencontres sont-elles le fruit du hasard ou y a-t-il une force invisible qui agit en coulisses ? Si le déroulement de notre vie est prédéterminé, qui en est le scénariste ? À qui appartient la main qui guide notre destin ?

Page blanche, moquette rouge et idées noires est le premier volet d’un roman en quatre parties.

​

De l'Ombre à la Lumière

Cette histoire a vu le jour lors d’une soirée solitaire, après une longue période d’inactivité qui a entraîné une perte totale de confiance en moi, en la vie, en l’amour… La crise financière mondiale de 2008, un licenciement économique, une année de chômage, une prise de poids, des pensées sombres… la routine, en somme. Un jour ordinaire sur notre bonne vieille planète.

À cette époque, je n’avais jamais tenté d’écrire un roman. Je n’avais que des chansons dans mes tiroirs. Alors, un soir, j’ai décidé de coucher sur papier tout ce qui me venait à l’esprit. Et puis, l’imagination a pris le relais. J’ai écrit un premier jet que je trouvais bon, mais qui ne l’était pas. J’ai même été jusqu’à l’envoyer à une maison d’édition qui a eu la gentillesse de me répondre et de me donner des conseils. Premier envoi, premier refus. Encore un jour ordinaire sur cette bonne vieille planète…

J’ai mis cette histoire de côté et j’ai commencé à écrire d’autres choses, d’autres chansons, et quelques poèmes… J’y suis revenu des années plus tard, en tenant compte des conseils reçus. C’était mieux, mais je ne l’ai pas envoyée. Et je me suis concentré sur d’autres projets.

Aujourd’hui, après avoir publié quatre livres, je ressors cette histoire de mes tiroirs. J’espère que cette première partie vous plaira.

​​

​​

​

« Se laisser emporter »

​​

Pas de réponse… Le message est parti depuis un moment déjà. Elle l’a reçu, mais ne l’a pas lu. J’ai observé l’écran, quelques minutes, espérant voir apparaître le « vu » qui nous lierait l’un à l’autre. Ce petit « vu » qui validerait la théorie de la chaise, de l’ennui. Ce petit « vu » qui attesterait qu’à cet instant précis, Elle pense à moi, qu’Elle soit seule ou dans les bras d’un autre. Un petit mot comme un rappel, qu’Elle n’oublie pas que je suis là, que je l’attends dans notre appartement. Un petit « vu » pour crier que j’existe.

 

Toujours rien. Message reçu mais pas vu. Elle ne s’ennuie pas sur une chaise dans un coin de pièce. Elle s’amuse…

 

Évidemment qu’Elle s’amuse. Une soirée entre copines, sans surveillance, sans chaperon, sans engagement autour du cou, des poignets, des chevilles… Sans être obligé de se censurer, de se retenir. Sans craindre mon regard inquisiteur, sans peur d’être jugée. Comment ne pas profiter d’une telle nuit ? Une nuit qui transpire la liberté, qui suinte l’évasion, qui dégouline d’aisance et de désinvolture. Alors qu’ici, tout est devenu tellement sérieux et silencieux.

 

Quand l’ai-je entendu rire pour la dernière fois ? À quel moment son bonheur s’est-il changé en sourire de façade ? Est-ce ma faute ? Mais qu’est-ce que j’y peux, moi, si la vie d’adulte est chiante à mourir… Je n’ai pas voulu perdre cet emploi. Je ne m’y plaisais pas, c’est vrai, mais je tenais bon, pour nous, pour les factures… Je ne suis pas responsable du dépôt de bilan des entreprises de la ville. C’est l’affaire des actionnaires, des politicards et des grosses fortunes. Moi je n’ai aucune richesse, si ce n’est celle du cœur, mais elle n’a plus aucune valeur à notre époque.

 

C’est le brouillard, c’est ça ? La grisaille qui s’est abattue sur notre quotidien depuis que je rumine et tourne en rond dans ma cage ? C’est à cause de moi, bien sûr, c’est toujours à cause de moi si rien ne va. Pourtant j’essaie de mettre un peu de soleil dans notre pénombre. Mais est-ce suffisant ? Elle est une fleur, et une aussi jolie fleur a besoin d’être baignée de lumière pour s’épanouir. Et moi je ne suis plus qu’un nuage pour Elle. Elle se flétrit en ma présence, c’est pour ça qu’Elle prend racine dans d’autres jardins. C’est pour goûter aux lueurs des aurores quand je ne suis que crépuscule. Mais alors, que doit faire le nimbus que je suis pour éviter qu’Elle se fane ? Je ne peux pas pleuvoir sur Elle sans risquer de la noyer, ni la couvrir de neige sans lui glacer le cœur. Je ne peux pas squatter son ciel indéfiniment, Elle finirait par en mourir, d’une façon ou d’une autre. Que fait un nuage quand sa présence n’est plus désirée ? Il attrape le vent et se laisse emporter. 

 

D’un autre côté, j’ai aussi ma douleur à force de naviguer ainsi, sur un océan d’incertitude avec, pour horizon, un avenir brumeux. Elle n’a pas le monopole du ciel couvert. J’ai mes tempêtes, mes orages. Mes journées n’ont pas la quiétude d’un lac de montagne. J’ai mes vagues et je tangue. Mon corps est un navire et s’il n’a pas encore sombré, c’est parce qu’il est amarré à son port. Mais que se passerait-il s’il venait à manquer de place, si je ne pouvais plus accoster son rivage ? Je ne serais plus qu’un bateau fantôme en perdition dans les embruns de mes propres salines. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer ! Ce soir, elle a fermé l’entrée du port, réservé mon emplacement à je ne sais quel caboteur à la coque percée en quête de bite d’amarrage. La lumière du phare est éteinte, mais je devine les fanions, les guirlandes, les cotillons… et j’entends la musique et les chansons à boire que le vent me rapporte. Et que fait un navire quand il ne peut afflanquer ? Il attrape le vent et se laisse emporter…

bottom of page